Face à la Grotte de Massabielle, les Carmélites de Lourdes s’apprêtent à célébrer un anniversaire exceptionnel : les 150 ans de la fondation de leur monastère. Du 13 au 16 juillet 2026, la communauté des sœurs invite les fidèles à s’unir à son action de grâce pour un siècle et demi de prière et de présence contemplative au service de l’Église et des pèlerins.
L’histoire du Carmel de Lourdes est intimement liée à celle des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous. Dès les années 1860, la Mère Thérèse de Jésus, prieure du Carmel de Tulle, nourrit le projet de fonder un nouveau monastère dans les Hautes-Pyrénées. Encouragée par l’évêque de Tarbes et soutenue par l’abbé Peyramale, curé de Lourdes, elle porte finalement son choix sur un terrain situé face à la Grotte.
Après bien des difficultés matérielles et financières, les travaux débutent en 1874 avec la pose de la première pierre. Deux ans plus tard, le 16 juillet 1876, fête de Notre-Dame du Mont Carmel et anniversaire de la dernière apparition de la Vierge à Bernadette, les premières religieuses prennent possession du monastère. Depuis lors, les Carmélites poursuivent leur vocation dans le silence, la prière et l’offrande, portant chaque jour les intentions de l’Église, des prêtres, des pèlerins et du monde entier.
Au programme du Triduum
Pour marquer ce jubilé, un triduum d’action de grâce sera proposé du 13 au 15 juillet. Chaque journée débutera par une messe à 9 heures présidée par le Père Yves-Marie, carme de Fribourg. À 19 h 15, celui-ci donnera une conférence autour du thème de la fondation spirituelle :
• le 13 juillet : « Commencer toujours » (Sainte Thérèse) – Être pierre de fondation ;
• le 14 juillet : « Regardez le rocher d’où l’on vous a taillés » (Isaïe 51,1) – Être fondé sur le roc ;
• le 15 juillet : « Colombe cachée au creux du rocher » (Cantique des Cantiques 2,14) – À l’imitation de la Vierge Marie.
Chaque conférence sera suivie de l’office des Complies.
Le point d’orgue des célébrations aura lieu le jeudi 16 juillet, date hautement symbolique pour le Carmel comme pour Lourdes. Une messe solennelle sera célébrée à 11 heures sous la présidence de Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes. Les festivités se concluront à 17 heures par les vêpres solennelles.
Prier, intercéder et témoigner
Cent cinquante ans après l’arrivée des premières Carmélites, ce jubilé rappelle l’importance de cette présence discrète mais essentielle dans la cité mariale. Depuis leur monastère qui domine la prairie où Bernadette contempla pour la dernière fois « la belle Dame », les religieuses continuent de répondre à l’appel de la Vierge : prier, intercéder et témoigner de l’espérance chrétienne.
“Nous avons annoncé à nos lecteurs la pose de la première pierre du nouveau monastère de carmélite qui vient d’être fondée à Lourdes : les travaux sont en pleine activité et l’on espère dans un an pouvoir en faire l’inauguration. Une circonstance peu connue et qui semble providentielle en a consacré par avance l’érection : le 16 juillet 1858, les accès de la Grotte, ainsi que le relate si bien les annales de Lourdes, étaient interdits à toute personne, même à Bernadette. L’enfant poussé par une inspiration secrète, suivi avec un élan surnaturel les prairies qui bordent le Gave et s’arrêta face à la Grotte. Il était 8h du soir. Tout à coup le gave, la rive, les arbres touffus ont disparu à ses yeux, elle ne voit devant elle que la belle dame plus radieuse, plus aimable que jamais, ajoute-t-elle.
C’est en souvenir de cette dernière apparition et pour en perpétuer la mémoire qu’on a eu la sainte et grande pensée de fonder un couvent de l’Ordre du Mont Carmel sur la petite éminence qui domine la prairie où se trouvait Bernadette le soir de cette fête. Ce Carmel est admirablement situé, vis-à-vis de la blanche statue de Marie Immaculée, que l’on pourra apercevoir de tous les points du Carmel il répondra ainsi à l’appel de la Très Sainte Vierge qui recommandait à la jeune fille de prier pour les pêcheurs et de faire pénitence. Cette double demande de Notre-Dame de Lourdes qui est aussi Notre-Dame du Mont Carmel, est la fin de la vocation des filles de Sainte-Thérèse, le but de son Ordre”.
Texte apparu sur le journal L’Univers (13 juillet 1874) après l’annonce de la pose de la première pierre par Mgr Langenieux, éveque de Tarbes à cette date.